Lomé — Samedi 5 septembre 2026, le siège du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) a servi de théâtre à une mutation institutionnelle de premier plan. Le parti a procédé à l’installation solennelle de son Conseil national, un organe de contrôle interne jusqu’ici absent de son architecture politique. Un contrôle longtemps attendu Prévu par les statuts du parti, ce nouvel organe est désormais opérationnel. Composé de soixante conseillers dont un bureau de sept membres, il a pour vocation de veiller au respect des orientations fixées par les congrès et de surveiller de près l’action du bureau politique. « Les statuts prévoient qu’à côté du bureau politique, il y ait un organe de contrôle qui s’assure que le bureau politique respecte les décisions issues du congrès », a rappelé le président du MPDD, Jonas Siliadin, lors de la cérémonie d’installation. Selon lui, cette instance ne vise pas seulement la direction : tous les militants, du président du parti jusqu’au dernier adhérent, sont désormais soumis à ce mécanisme de surveillance interne. Les soixante élus ont reçu pour mission de servir le parti avec « rigueur et clairvoyance », dans l’intérêt de la formation politique comme dans celui de la nation. Ameganvi Agossa aux commandes Le nouveau bureau du Conseil national est dirigé par Ameganvi Agossa, élu coordonnateur de cette instance. D’emblée, il a assumé la lourdeur de la tâche qui l’attend, tout en affichant une détermination sans faille. « Nous allons nous atteler très sincèrement à œuvrer pour l’instauration de cette forme de démocratie au sein du parti MPDD », a-t-il déclaré. Pour lui, les chantiers sont colossaux : il entend d’abord ancrer les structures de base au niveau des communes et des préfectures, puis former les militants pour que « la démocratie prenne racine depuis la base ». Fierté et appréhension Dans un témoignage à la fois humble et lucide, le nouveau coordonnateur a partagé ses sentiments contrastés : « Mes sentiments sont des sentiments de fierté et de peur à la fois ». Il a justifié cette dualité par une évidence : réclamer la démocratie au pouvoir tout en refusant le contrôle interne serait une contradiction insoutenable. « Quand nous réclamons la démocratie au pouvoir et qu’en notre sein, nous-mêmes, nous n’arrivons pas à faire un effort pour accepter les contrôles, cela pose problème », a-t-il martelé. Une première dans l’histoire du parti Selon les responsables du MPDD, il s’agit de la première mise en place effective du Conseil national depuis la création du parti. Jusqu’à présent, le bureau politique était seul maître de l’application des décisions et des orientations du parti. Désormais, il devra rendre des comptes devant cette instance de contrôle, censée garantir la conformité de ses actions avec les statuts et les résolutions congressuelles. Avec cette réforme structurelle, le MPDD entend donner corps à ses discours sur la transparence et la démocratie interne, à moins de deux mois des échéances électorales de mi-mandat aux États-Unis et dans un contexte politique togolais en pleine effervescence.