Niamey — Début septembre 2026, le ministère des Transports a annoncé un renforcement significatif des restrictions réglementaires visant les véhicules de transport de voyageurs. Bus, minibus et taxis interurbains sont désormais dans le collimateur des autorités, dans un contexte de recrudescence alarmante des accidents de la route. Une décision motivée par le sang versé Le gouvernement justifie cette fermeté par une constellation de drames récents impliquant des véhicules de compagnies de transport. Au-delà des seuls contrôles administratifs, cette mesure vise à éradiquer les pratiques de complaisance dans les visites techniques — ces passe-droits qui envoient sur la route des engins aux freins douteux, aux pneumatiques lisses et aux châssis fatigués. La réalité est implacable : un bus transportant plusieurs dizaines de passagers transforme la moindre défaillance mécanique en risque collectif. Une surcharge, un éclatement de pneu ou une défaillance de freinage ne font pas un blessé, mais un carnage. Vers une transparence statistique La prochaine étape, attendue par les observateurs et les associations de victimes, devra être la publication régulière des statistiques d’accidents par cause. Vitesse excessive, état des pneumatiques, défaillance du freinage, fatigue des conducteurs, surcharge des véhicules ou délabrement des infrastructures : chaque facteur doit être nommé, chiffre et rendu public. Car on ne prévient que ce que l’on mesure. Et au Niger, où la route reste le principal vecteur de déplacement, la sécurité des voyageurs ne peut plus être un luxe.