L’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) a ouvert, mercredi 28 octobre 2026 à N’Djamena, un atelier de formation de trois jours pour son personnel. Organisée avec le Conseil consultatif de l’Union africaine sur la corruption, la rencontre se termine le 30 octobre. Elle porte sur la lutte contre la corruption, le recouvrement des avoirs et les flux financiers illicites.

L’objectif est de renforcer les compétences des agents et les moyens de prévention, pour une gouvernance plus transparente et responsable.

Lors de son discours d’ouverture, le Contrôleur Général de l’AILC, Nedeou Teubdoyo Gérard, a plaidé pour une action qui ne s’arrête pas aux poursuites. Selon lui, il faut aussi retrouver, saisir, confisquer, recouvrer et gérer les biens issus de la corruption. « Recouvrer les produits de la corruption, c’est faire en sorte que le crime ne paie pas », a-t-il déclaré. Il a rappelé que chaque avoir détourné représente des ressources qui auraient pu financer le développement et améliorer la vie des populations.

Il a cité la Position africaine commune sur le recouvrement des avoirs, adoptée en février 2020. Ce texte repose sur quatre piliers : détecter et identifier les avoirs, les recouvrer et les restituer, gérer ce qui est récupéré, et coopérer avec les partenaires. Pour le Contrôleur Général, aucun pays ne peut y arriver seul, puisque les capitaux illicites passent les frontières. Il appelle donc les enquêteurs, les magistrats, les cellules de renseignement financier et les institutions anticorruption à travailler ensemble. Il a invité les participants à faire de l’atelier un lieu d’échanges et de solutions concrètes, pour que les acquis se traduisent sur le terrain.

Le président du Conseil consultatif de l’Union africaine sur la corruption, Hon. Jwami Edem Senanu, a salué l’engagement du Tchad. En février dernier, le pays a demandé de lui-même une évaluation, ce que seule une treizaine d’États sur 55 ont fait en plus de vingt ans. « Lorsqu’un pays invite volontairement notre Conseil à mener une évaluation, c’est le signe d’un changement en cours », a-t-il souligné.

L’atelier répond d’ailleurs aux failles relevées pendant cette évaluation, notamment sur la gestion et le recouvrement des avoirs, a-t-il précisé. Il a aussi salué la présence d’autres agences africaines de lutte contre la corruption, venues partager leur expérience.

 

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